Expérience : Intermédiaire (pilote autonome) | Décision : Décision individuelle

Pourquoi voler ?

Les crocs après 8 mois sans voler pour cause de blessure

Le récit

Après une rupture du ligament croisé antérieur gauche le 28/12/2025, j'ai vécu une longue traversée du désert. Opéré le 04/03/2026, j'ai eu la chance d'avoir très bien récupéré (et aussi j'ai passé beaucoup de temps à ma rééduc et à ma reprise du sport), tellement bien que mon kiné m'a validé la reprise du parapente le jeudi 13 août 2026. Le samedi suivant, c'est le grand jour. Je monte le matin à Saint-Hilaire faire un plouf pour voir les sensations au déco, en vol et à l'atterro. Et bien le décollage s'est bien passé, et franchement quel bonheur de se retrouver enfin en l'air, j'ai été ému et j'en avais les larmes aux yeux (la version officielle c'est que les lunettes étaient pas étanches à l'air). En vol je reprends doucement mes sensations de pilotage avec des timides 360° et wing-(pas)over, et le posé se passe à merveille, même pas la plus petite gêne. Ni une ni deux, je tends mon pousse et me fais prendre par la navette de prévol à qui il restait une place (et par un beau hasard je tombe sur mon premier professeur de parapente, qui m'a initié au sport en 2021 !). Deuxième petit plouf vers 9h30 et pour ne pas tromper la chance avec un vol potentiellement turbulent, je décide de rentrer chez moi avant l'apparition des thermiques. Mais le mal était fait, j'avais envie, terriblement envie de revoler. Alors je monte à Chamrousse le soir même dans l'optique de faire un vol de restit, ou de fin d'après-midi avec des thermiques gentils. J'avais vu sur les prévis que c'était quand même assez venteux, avec des rafales à 17km/h mais rien d'insurmontable. Le radar des pluies annonçait un orage arrivant de la Chartreuse et devant passer au N de Chamrousse, vers le Grand Colon. Arrivé au décollage, c'est plus fort qu'escompté. Je regarde autour de moi : L'orage est bien présent sur la Chartreuse, il pleut également sur le Vercors. Au dessus du Grand Colon, un beau cunimb bien noir ne présage pas grand chose de bon. Un autre pilote présent au déco m'annonce que ça décharge sur les 2 Alpes. Ca fait 4 orages ou au minimum cunimb à mes 4 points cardinaux, je me dis que c'est peut-être un peu violent pour une reprise. Après 1h30 à attendre en profitant de la vue, en voyant que le vent ne diminue pas et que le ciel ne s'éclaircit pas, je décide de rentrer au stop récupérer mon vélo à l'atterro. Les autres pilotes présents au déco attendent avec espoir un créneau plus tard dans la soirée. Sur la descente, je me dis que quand même, j'ai investi 5h de mon temps pour pas grand chose, mais comme le dit le dicton "Mieux vaut regretter d'être au sol que d'être en l'air". Et vu les mouvements des arbres autour de moi, je ne regrette pas du tout d'être au sol. Renoncement très facile à prendre, qui a été une très bonne décision que je ne regrette pas du tout.

Le déclencheur

Des orages à 360° autour de nous

Qu’en retires-tu ?

Toujours s'écouter, si je le sens pas, faut pas que j'y ailles

Signaux Faibles

  • Facteurs humains : État psychologique (Stress, soucis personnels/pro, charge mentale...)
  • Facteurs sociaux : Aucun
  • Facteurs aérologiques & environnement : Signaux visuels (Lenticulaires, développements verticaux, voile d'altitude)

Analyse

  • Sentiment : Satisfait(e) d'avoir fait le bon choix
  • Facteur le plus difficile à ignorer : L'investissement logistique et temps déjà consenti
  • Décision possible plus tôt ? Non, la décision devait se prendre au déco avec l'observation directe.
  • Stress : 2/5 | Confiance renforcée : 4/5