Expérience : Confirmé (cross/acro régulierement) | Décision : Décision individuelle
Pourquoi voler ?
Une belle journée de prévue dans un endroit où je n'ai pas tout les jours l'occasion de voler
Le récit
En vacances chez mes parents du côté de Tarbes, je guette les belles journées avec un potentiel de cross dans le Val Louron. Ce jour-là peu de vent et de beaux plafonds annoncés. Mon père me propose de me navetter au déco et de faire sa rando en attendant: ça ne se refuse pas. Après une heure et demie de route on arrive au déco du Col d'Azet. Tout le monde est en attente, je me dis "c'est juste que ça sort pas encore". Il y a des bons cycles de vent de face et le déco à l'air bien alimenté. Je vois une école avec des ailes EN-A qui attend les voiles en bouchons. Je me dis bizarre bizarre. Je vais tchatcher avec le mono: on ne le sent pas de ce côté de la vallée, mais le Sud rentre assez fort. Du coup ça fait une aérologie un peu pourrie en s'éloignant du relief dans l'axe de la vallée. Il ne veut pas envoyer ses pioupious là-dedans. C'était pas prévu par la météo locale, car jusqu'à une certaine valeur le vent passe pas les cols. La fameuse différence entre "protégé" et "sous le vent". Je lui parle de mes objectifs. Il me conseille d'oublier le cross pour aujourd'hui mais que pour juste plouffer, si je suis expérimenté, ça va pas être agréable, mais ça peut le faire. Sinon si je préfère renoncer, il peut me descendre en navette (sympa !). Quelques pilotes expérimentés ont décollé entre-temps. Il y a une couche d'air où ils se font tordre et après ça à l'air assez calme jusqu'à l'attero. J'étais venu pour crosser, pas envie de me faire brasser un plouf. Par chance mon père ayant fait la navette, je n'ai pas eu le biais de déco quand même pour ne pas descendre à pied. Je me dis assez rapidement qu'entre un vol pourri et une belle rando, autant en profiter pour faire la rando et passer du temps avec lui. Finalement le jour même, je suis allé me faire un vol de restit' hyper agréable le soir. Et le cross que je convoitait tant quelques jours plus tard. Moralité 1: on a le temps pour ses objectifs, il faut être patient :) Moralité 2: c'est pas parce-que ça à l'air joli au déco (vent de face et tout) que c'est bon en l'air. Je me dis que si j'avais était seul sur le déco ce jour-là, j'y serai allé. Il n'y avait pas vraiment d'indice ou de façon de voir sans connaître l'aérologie locale. Ça n'aurait probablement pas été si grave que ça: je me serais fait un peu tordre et posé la queue entre les jambes comme les autres. Mais quand-même, ça remet en perspective ses capacités d'analyse.
Le déclencheur
J'étais venu pour crosser, pas envie de me faire brasser un plouf
Qu’en retires-tu ?
Cf. les moralités 1 et 2 ;)
Signaux Faibles
- Facteurs humains : Biais cognitifs (Envie de rentabiliser le trajet, rando, excès de confiance...)
- Facteurs sociaux : Effet de mimétisme (Les autres se préparent, donc j'y vais), Pression de l'engagement (Attente d'un passager biplace, pression du club, j'ai annoncé un objectif publiquement)
- Facteurs aérologiques & environnement : Contradiction modèles / réalité (Le vent ou les nuages ne sont pas ceux prévus), Observation du trafic (Trop de sketchs au déco, ailes qui reculent ou se font secouer en l'air)
Analyse
- Sentiment : Soulagé(e)
- Facteur le plus difficile à ignorer : La pression d'un objectif de performance ou de distance
- Décision possible plus tôt ? Non, la décision devait se prendre au déco avec l'observation directe.
- Stress : 1/5 | Confiance renforcée : 3/5